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Las de désherber et d’entretenir votre massif, vous souhaitez accueillir une faune diversifiée, créer un mini-écosystème quasiment naturel dans votre jardin sans pour cela mettre à bas l’esthétique. Et si vous essayiez d’installer une pseudo-friche, un coin de nature à l’allure d’une jungle contrôlée à minima ?

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Implanter un massif sauvage pourrait tout simplement vouloir dire laisser la nature faire. Si l’inspiration provient des bas-côtés des environs, en exploitant judicieusement ce qu’ils recèlent en herbes et en fleurs intéressantes, il faut cependant un minimum d’intervention humaine pour favoriser le développement des plantes préférées et limiter les espèces agressives, telles que les ronces ou les orties qui ne tarderont pas à s’implanter sans qu’on les ait invitées.

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S’inspirer des bas-côtés

Des balades dans les campagnes alentour vont vous inspirer et surtout vous indiquer les espèces qui poussent naturellement dans votre région. Attention, cependant, choisissez des lieux exemplaires dont le sol et l’exposition seront identiques aux vôtres : argileux, secs, ombragés… Et soyez patients : il vaut mieux observer ces lieux et leur évolution du printemps à l’automne. Munissez-vous d’une flore illustrée vous permettant de reconnaître vos favoris. Vous constaterez que les végétaux qui occupent la majorité de la surface sont des graminées, ponctuées de taches de plantes vivaces ou non, qui ont la force de se frayer un chemin vers la lumière.

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Un air de prairie
Tout comme dans un tableau, il vous faudra déjà préparer un fond qui sera composé de graminées. Si vous n’avez pas la patience de les moissonner, optez pour des mélanges de gazons, plutôt à base de fétuques, plus décoratifs que le ray-grass lorsqu’ils sont en épis. L’idéal sera d’essayer d’améliorer le mélange en intégrant la fléole « Queue de rat », le dactyle, le paturin ou le brome dont vous aurez glané les épillets cet été.

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Des fleurs, des costauds
L’objectif n’étant pas de faire un gazon que l’on oublierait de tondre, il vous faudra implanter à travers ce fond vert des « fleurs » que vous avez repérées lors de vos pérégrinations. Quelques-unes, parce qu’elles sont répandues et s’adaptent à de nombreuses situations, sont quasiment indispensables. En voici une liste non exhaustive : les sauges et les lamiers, les géraniums (pas les pélargoniums, mais bien les géraniums vivaces ou annuels à fleurs roses ou bleues), les scabieuses, l’achillée millefeuille, la chicorée aux fleurs bleu ciel, des gesses et vesces (dont vous apprécierez les qualités de grimpantes qui leur permettent de se hisser à travers n’importe quel couvert végétal), les boutons-d’or ou renoncules (qu’il faudra limiter car elles sont traçantes), des campanules, et pourquoi pas un pied de bardane dont les feuilles sont énormes.

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Dans l’ordre, s’il vous plaît…
Vous allez devoir procéder par ordre car il n’est pas question de semer les vivaces en place avec les graminées. Il vous faudra installer votre « gazon » au printemps ou à l’automne. Vous sèmerez les vivaces en avril dans des godets ; vous pourrez aussi essayer de trouver des jeunes plants dans les fêtes des plantes ou chez les grainetiers, certains étant spécialisés dans les végétaux sauvages. Lorsque les plants seront assez forts, soit en début d’été, soit à l’automne, vous leur aménagerez des espaces circulaires de 30 cm dans le couvert herbeux. Les entourer d’un paillage leur permettra d’éviter la concurrence des graminées et de s’installer correctement. Votre friche domestiquée prendra son essor au printemps suivant.

Vous avez dit « entretien » ?
Vous la laisserez croître dans les premiers mois sans intervention sauf si vous constatez de la mortalité dans vos plants ou une domination excessive de certaines espèces. Vous aurez ensuite le choix de tout laisser en l’état jusqu’au printemps suivant ou de rabattre en cours de route les pieds ou les inflorescences séchés… Les oiseaux vous seront reconnaissants de leur laisser quelques graines sur pied durant la morte saison. Un coup de tondeuse ou de débroussailleuse avant le redémarrage printanier suffira à nettoyer votre friche et à la remettre dans les starting-blocks.

Cultiver sans piller
Votre quête d’espèces sauvages ne doit en aucun cas se traduire par un pillage du milieu naturel. Vous pourrez prélever plants et graines d’espèces répandues en veillant à ne pas faire disparaitre les plantes de leur milieu. Certains végétaux sont protégés ; ne prélevez que ceux que vous savez reconnaître ! Évitez obligatoirement les orchidées qui, de toute façon, ne sauraient supporter d’être transplantées ou resemées par la main de l’homme… Et n’oubliez pas de consulter les professionnels spécialisés, qui pourront vous fournir et vous faire découvrir des espèces botaniques indigènes que vous ne connaissez pas.