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L’automne marque la fin des fruits juteux gorgés de soleil, pêches, abricots, prunes… Les pommes et les poires reprennent la relève jusqu’aux beaux jours. Sachez que ce ne sont pas les seuls fruits de proximité susceptibles d’égayer vos desserts.

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Pensez aux noix, noisettes et châtaignes. Essayez les nèfles, cormes oubliées ou l’exotique kiwi qui croît parfaitement sous nos latitudes.
Lorsque vous décidez d’implanter un petit verger, vous êtes tout de suite guidés vers les pommiers stars, mais, au bout de quelques années, votre corbeille à fruits, remplie de votre récolte, est comparable à l’étal standardisé des marchands. Cherchez dès le départ l’originalité, privilégiez les goûts et les couleurs à la productivité. Les variétés anciennes de pommiers et de poiriers sont multiples, mais pensez aussi à planter des fruitiers oubliés, aux fruits inconnus, dont le bois également avait souvent son utilité.

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Faciles à cultiver
La châtaigne ou le marron – dont le fruit n’est pas cloisonné, tant mieux pour l’épluchage – ne sont pas seulement le grenier à amidon des provinces pauvres : c’est un véritable fruit qui se cuisine de nombreuses manières, dont l’arbre guidé en un seul tronc peut trôner sur votre terrain des centaines d’années.
De son côté, le noyer ne se plaît qu’en terrain calcaire. Les variétés sont innombrables, et il faut savoir que les plus gros fruits ne sont pas nécessairement les plus savoureux. Vous pourrez, au gré de vos promenades, goûter les noix fraîches que vous trouverez au bord des chemins, et tenter un semis en en déposant quelques-unes à la surface d’un lit de sable mélangé à du terreau, exposé aux intempéries hivernales, mais protégé d’une grille.
Le noisetier s’adapte, lui, à tous les terrains et à tous les besoins. Vous pouvez former une touffe que vous rabattrez régulièrement ou alors tenter de guider un tronc et quelques branches tortueuses, à la manière d’un arbre japonais. Comme les noix, les noisettes se conservent très longtemps, mais rien n’égale le goût d’un jeune fruit encore gorgé d’un suc laiteux. Gardez une place dans votre verger pour quelques espèces aux fruits secs.

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Des nèfles !
Le néflier d’Allemagne pousse naturellement dans nos forêts de feuillus. Au printemps, il arbore des fleurs blanches froissées et des feuilles vert vif, duveteuses. Ses qualités esthétiques le rendent intéressant dans une haie. Les fruits sauvages sont assez petits. Nous vous invitons à chercher les cultivars, tels que Monstrueuse d’Evreinoff pour obtenir une cueillette intéressante. Les fruits se consomment blets, une surmaturité obtenue après les premières gelées. La chair est alors marron comme l’épiderme. Le goût sucré et parfumé est accompagné d’une note d’acidité. Les nèfles se consomment le plus souvent cuites. Il ne faut pas confondre le néflier d’Allemagne avec celui du Japon, aux feuilles énormes, persistantes, qui donne des fruits orangés en fin d’hiver si le froid ne les a pas tués.
Il fut une époque où toute ferme avait son cormier, car le bois de cet arbre est un des plus durs. Il servait à confectionner les manches des outils. Cependant, ce n’est pas sa seule qualité. Ses fruits, les cormes, qui ressemblent à de petites poires, sont comestibles. Il faut les laisser blettir comme la nèfle. Consommée crue, la chair devenue molle et crémeuse est légèrement parfumée, agréable et sucrée. Les cormes peuvent se cuisiner en confiture ou en purée, associés à d’autres espèces. Le cormier est de la famille des sorbiers, dont plusieurs représentants offrent des fructifications comestibles : le sorbier des oiseleurs, l’alisier…
Parmi les espèces utiles, échappées des lisières, il existe aussi des variétés sélectionnées de sureaux noirs dont les fruits sont plus doux que le sauvage : le Korsor ou le sureau albida aux fruits blancs. Les fleurs printanières et les fruits sont utilisés à la fabrication de boissons goûteuses. On peut également les manger crus, ou cuits dans d’agréables chutneys par exemple.

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La famille des K
Le kaki, ou plaqueminier du Japon, donne, en plein hiver, des fruits juteux ressemblant à des tomates orange. Ils sont doux et quelquefois astringents. Essayez la variété précoce Shakoku, aux fruits excellents, ou, pour une récolte ultérieure, la Tardive des Charentes.
Le kiwi n’est pas le gros calibré que l’on croit. Les kiwis de votre jardin seront petits, mais plus parfumés car cueillis à maturité. Il existe une poignée de cultivars. Cette plante est une liane qu’il vous faudra guider. Elle présente un intérêt bioclimatique sur une tonnelle, faisant de l’ombre l’été et laissant passer la précieuse lumière l’hiver.
Quoi de plus logique que d’aborder cet automne de l’« année de la Biodiversité » en cherchant des fruitiers quasiment oubliés ou peu répandus ? C’est le moment de goûter et de planter ! Parcourez les foires aux plantes et les catalogues des pépiniéristes ou les bords de nos chemins pour redécouvrir des saveurs et des pratiques culinaires oubliées. La biodiversité passe par l’utilisation des espèces mises au rebut.