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Perce-neige, crocus et tulipes vont bientôt apparaître. Annonciatrices des beaux jours, ces plantes ne sont qu’une petite partie des espèces végétales qui stockent leurs réserves nutritives sous terre. Les bulbes peuvent aussi bien égayer les pelouses que les potées, nécessitant, selon leur famille, diverses conditions de culture. Un choix judicieux vous permettra de fleurir votre jardin du printemps à l’automne.

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Les bulbes que vous allez trouver dans le commerce sont gonflés à bloc ! Les pépiniéristes ont pris soin de bien nourrir les plantes, et sélectionné les plus beaux diamètres. Avec une telle réserve nutritive, il est quasiment impossible de rater la première floraison.
La plupart des espèces bulbeuses demandent peu de soins. On peut les laisser en place d’une année à l’autre sauf pour les plantes à floraisons tardives comme les Dahlia ou Canna ; celles-ci doivent être arrachées à l’arrivée des premiers froids, mais la terre protège quand même leurs rhizomes ou racines des premiers gels.

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Une tendance naturelle à l’éparpillement
Les bulbes rustiques laissés en place se multiplient naturellement pour former, après quelques années, des bouquets à l’endroit de la première plantation. Il faut veiller à les nourrir par l’apport de compost bien décomposé. Préférez une plantation dans une terre aérée car l’humidité peut entraîner un pourrissement.
Durant la période de végétation printanière, les feuilles fournissent l’énergie du bulbe de remplacement. Si l’ensoleillement est insuffisant ou si les bulbes sont arrachés trop tôt, la taille du bulbe formé sera de plus en plus réduite au fil des années. Les fleurs seront également plus petites, et la floraison deviendra sporadique.
La majorité des espèces peut se planter à l’automne, et c’est à cette saison que l’on doit diviser ou déplacer les plantations. La plupart doivent être enterrées plus profondément, en les couvrant de 7 à 15 cm de sol, sur une surface de deux à trois fois le diamètre du bulbe généralement. Les tubercules de cyclamen et de bégonia tubéreux se plantent juste sous le niveau du sol, éventuellement recouvert de feuilles mortes. Le collet des hémérocalles s’enterre, lui, sous 2 cm.

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Il y a ceux qui font le printemps…
Les espèces les plus hâtives appartiennent à la famille des lys : le perce-neige, les crocus, les tulipes, les jacinthes, les narcisses, les jonquilles sont les représentants les plus répandus. Au-delà de l’impression de « déjà vu » des grosses tulipes rouges et jaunes, des énormes jonquilles, des jacinthes multicolores, nous vous invitons à revenir aux sources en essayant la culture des variétés botaniques que vous trouverez chez les pépiniéristes spécialisés et passionnés. Cultivez et sauvez Tulipa sylvestris, une tulipe sauvage française qui disparaît des vignes et des parcs boisés. Sa clochette renversée jaune vous ravira de son parfum, et si elle se plaît chez vous, elle se multipliera rapidement. On ne trouve plus à l’état sauvage Tulipa didieri, Tulipa sarracenica, Tulipa aximensis, et Tulipa marjolettii ; ces espèces sont cependant proposées dans le commerce.
Privilégiez le narcisse des poètes botaniques, plus petit, mais nettement plus parfumé que les cultivars « bodybuildés ». Cherchez aussi les jonquilles et les crocus simples. Choisissez de mélanger les espèces en fonction de leur période de floraison pour prolonger leur présence. Ne plantez que des bulbes cultivés et n’arrachez surtout pas ceux que vous trouverez dans la nature. Vous pouvez les planter par groupes de deux ou trois pour donner un effet de masse les premières années. La rare fritillaire pintade de nos prairies humides trouvera sa place près de votre bassin. Le muscari à toupet de nos champs, dégradé de bleu, peut tenir compagnie à des campanules.

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… et ceux qui terminent la belle saison
Les bulbes d’été sont intéressants à intégrer aux plates-bandes. Ils s’associent sans difficulté avec les arbustes et vivaces. Explorez la piste des Allium : les petits aux fleurs simples ont beaucoup de charme ; les géants aux globes floraux de plus de 10 cm de diamètre de l’Allium giganteum ou de l’Allium christophii ne manqueront pas d’attirer les regards au cœur de vos massifs.
Les espèces les moins rustiques se plantent au printemps. Placez quelques tubercules de Dahlia à fleur simple et au grand développement au fond de vos compositions. Originaires d’Afrique du Sud, les Sparaxis, Babiana, Watsonia et Vallota ne se cultivent que dans une situation ensoleillée, chaude et abritée du gel. La « canne à pêche des anges » ou Dierama, au feuillage ressemblant à celui des graminées, présentera au bout de tiges flexibles une série de fleurs en trompette. Évitez les rangs d’oignons des gros glaïeuls et optez pour les espèces naines dans un seul coloris ou les glaïeuls de Byzance par groupes de cinq ou six oignons, presque à touche-touche.
Le plus difficile avec les bulbes est de les planter au bon moment. En les mettant en place correctement, ils vous gratifieront, dans les mois qui suivent, de leurs splendides floraisons. Comme bien souvent, vous sortirez de l’ordinaire en revenant aux espèces les plus simples que vous planterez par petits groupes au milieu des autres plantes d’ornement, voire de votre pelouse.

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